[Test’Indies] INDIKA – Une expérience de jeu atypique

Il y a des titres qui te tape à l’œil et t’intrigue au premier regard de son trailer. Ce fut le cas pour INDIKA, développé par le studio Odd Meter et édité par 11 Bit Studio. Il s’agit de la deuxième œuvre du studio après un jeu VR SACRALITH : The Archer`s Tale, sorti en 2019. Mais est-il si intriguant, on va le voir tout de suite !

Les Mystères d’INDIKA

L’histoire d’INDIKA se déroule dans la Russie du XIXe siècle, mettant en scène notre protagoniste, Indika, une nonne aux prises avec des tourments intérieurs dès les premiers instants du jeu. Ses crises de panique fréquentes et les murmures qu’elle entend dans sa tête la placent dans une position précaire, exacerbée par sa mauvaise réputation parmi les autres habitants du monastère qui la méprisent unanimement.

La situation prend une tournure plus sombre lorsque Indika fait l’expérience d’une nouvelle hallucination, perturbant encore davantage la quiétude du lieu. Elle se voit alors confier une mission : remettre une lettre en dehors des murs du monastère. C’est là que commence véritablement votre périple, où vous ferez la connaissance d’Ilya, un ancien détenu fraîchement évadé. Il prétend entretenir des conversations régulières avec Dieu lui-même. Une nonne en dialogue avec le diable et un fugitif en communion avec Dieu : un duo improbable destiné à tisser une histoire captivante.

Je m’abstiendrai de dévoiler davantage l’intrigue pour vous laisser la découvrir par vous-même, car bien que le jeu soit relativement court, il offre une expérience de jeu de l’ordre de 3H30, durant lesquelles vous pouvez obtenir tous les succès proposés par le studio. Cependant, les thèmes abordés sont riches : la santé mentale et sa perception par la société, la religion et les perspectives divergentes des deux personnages que vous suivrez. On va être amené à réfléchir sur les expériences passées des personnages et sur les raisons de leurs croyances.

Un jeu pas comme les autres

INDIKA se distingue des « walking simulators » classiques par sa narration immersive. Bien qu’il suive la formule du genre, il brise également ses conventions. Ce n’est pas un jeu axé sur l’action ou les défis ardus, mais il propose des éléments classiques du jeu vidéo tels que la collecte de points d’expérience (bien que ceux-ci n’aient aucune utilité, comme mentionné pendant les temps de chargement), la recherche d’objets à collectionner et la résolution de casse-têtes. Les énigmes, bien que nombreuses, auraient pu être plus élaborées, notamment en exploitant la capacité d’Indika à modifier l’environnement en priant, une mécanique sous-exploitée dans le jeu.

À certains moments de notre périple, on se replongera dans le passé d’Indika. Ces visions laisseront place à plusieurs mini-jeux en pixelart, où il faudra traverser une rivière en rythme, récupérer des pièces, ou encore sauter de fenêtre en fenêtre pour atteindre le toit. Ces mini-jeux vont nous permettre de nous faire une idée de comment notre nonne en est arrivée là.

Comme vous l’aurez compris, la force d’INDIKA réside dans sa narration, transmise non seulement par son gameplay, mais aussi par ses graphismes et son ambiance sonore. Les décors austères de la Russie du XIXe siècle, magnifiquement représentés, plongent le joueur dans une atmosphère sombre et mélancolique, dénuée de couleurs vives. Certains plans de caméra peuvent aussi mettre mal à l’aise le joueur.

Sur le plan audio, les bruitages subtils tels que le vent et le craquement de la neige renforcent l’immersion, tandis que la musique, bien que rare, vient souligner les moments clés du récit avec brio. Les dialogues, disponibles en anglais ou en russe avec des sous-titres en français, contribuent à une immersion totale dans l’univers du jeu.

Finalement, le titre n’est pas fait pour tous. Si les questions sur la santé mentale, la religion, ou encore la nudité vous mettent mal à l’aise, passez votre chemin. Voyez vraiment ce titre comme un ovni, qui ne cherche pas à vous impressionner par ses mécaniques, mais à vous impressionner par sa narration et pourrait même vous poser certaines questions philosophiques.

Conclusion

INDIKA est pour moi un chef d’œuvre qui m’a mit une claque intellectuellement. Ici même si on retrouve des mécaniques qu’on peut retrouver dans les jeux vidéos, on est la sur une œuvre qui veut vous faire réfléchir sur sa narration et vous mettre mal à l’aise sur certains points. Le jeu nous retourne le cerveau du début à la fin. Ce qui est à la fois intrigant et déconcertant. Et ça j’adore !!! Même si le titre est tout de même assez court et on en veut plus !

Points positifs

  • La direction artistiques
  • Ambiance sonore et doublage (Russe/Anglais)
  • Une aventure captivante avec une narration au petit oignon
  • Des personnages atypiques

points négatifs

  • Un peu court (3/4H)
  • Une fin un peu bâclée
  • Des idées de gameplay sous-exploitées

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