[Test] Senua’s Saga: Hellblade II Enhanced (PS5) – La claque, encore plus forte
L’an passé, j’ai pris une baffe. Pas une petite claque polie façon « tiens, voilà ton gameplay », non, un véritable aller-retour artistique dans la tronche. Senua’s Saga: Hellblade II m’avait happé, aspiré, retourné. Et voilà que Ninja Theory revient avec une version Enhanced sur PS5. Est-ce que j’ai replongé ? Évidemment. Est-ce que j’en suis ressorti indemne ? Absolument pas après une deuxième et même une troisième fois avec le nouveau mode inclut.
La descente au cœur des ténèbres
Ce deuxième opus reprend directement après les événements du premier Hellblade. Senua, désormais plus consciente de ses visions et de ses voix intérieures, embarque pour l’Islande dans une quête de justice et de rédemption. Loin d’être guérie, elle porte encore ses cicatrices mentales comme des chaînes, mais les transforme en armes. Sa route croise celle de peuples brisés, de légendes nordiques plus vivantes que jamais, et d’ennemis humains comme surnaturels.
Ce n’est pas une histoire de “héros sauveur du monde”, c’est un voyage viscéral où chaque pas te rapproche autant de la vérité que de l’abîme. Et dans ce théâtre de brume, de sang et de murmures, tu ne sais jamais si ce que tu vois est réel… ou un autre reflet de sa folie.

Ici, on ne parle pas ici que de « jeu vidéo », mais d’un objet artistique qui flirte avec le cinéma et le théâtre immersif. Les visages, les émotions, la folie qui gronde dans la tête de Senua… tout est encore plus saisissant grâce à l’Unreal Engine 5 et aux améliorations de cette édition. Les paysages islandais semblent tout droit sortis d’une carte postale envoyée par Odin lui-même. Et puis, le format cinématographique avec bandes noires, ce cadrage parfait… c’est comme si chaque scène méritait d’être encadrée.
Soyons clairs : Hellblade II reste une aventure courte et linéaire. Pas de monde ouvert, pas de dizaines d’heures de quêtes annexes. Mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. On est ici pour vivre une histoire, pour sentir le poids de chaque pas, chaque souffle, chaque voix murmurée à ton oreille.

Et je l’avoue : j’ai ressenti les mêmes sensations qu’à ma première partie. Les mêmes frissons, les mêmes moments de tension pure où le son binaural te colle des sueurs froides. Les combats ? Toujours chorégraphiés comme des duels de cinéma, toujours dirigistes mais jamais dénués de puissance. Et personnellement, j’ai encore passé un moment magique, on sort des sentiers battus et je kiffe ça.
La PS5 muscle le voyage
En plus d’avoir la mise à jour prévue sur Xbox et Pc, une nouvelle console débarque et apporte son petit lot pour la console de Sony :
- Mode Performance à 60 fps pour une fluidité qui rend chaque combat plus percutant.
- Mode Cinématique pour ceux qui veulent boire chaque pixel comme un vin millésimé.
- Sur PS5 Pro, le choix entre PSSR et TSR pour jongler entre netteté ultime et stabilité d’image. (Je n’ai pas pu tester n’ayant pas de PS5 Pro)
Et puis, cerise sur le gâteau : la DualSense fait des merveilles. Retours haptiques, gâchettes adaptatives, petits effets sonores dans la manette… ça ne change pas le jeu, mais ça change la façon dont tu le ressens.


Un souffle d’air frais… avec un petit goût de fer
L’Enhanced Edition ne se contente pas de polir l’écrin : elle ajoute un mode Corruption (Dark Rot pour les intimes). À chaque mort, la pourriture grimpe le long du bras de Senua, et si elle atteint sa tête, c’est game over. Radical, oppressant, parfaitement raccord avec la psyché du personnage et surtout donne un énorme clin d’œil au premier opus. Ce nouveau mode, déblocable à la fin de notre première aventure, permet d’avoir une difficulté pour le titre, ce qui pouvait être l’un de ses faibles problèmes lors de sa sortie initiale. Ici, le game over existe et heureusement pas comme sur le premier opus, où au final, il n’avait pas vraiment d’utilité. Bien sûr si vous êtes un chasseur de succès, une petite récompense arrivera si vous arrivez au bout avec un tout nouveau trophée/succès (même si c’est tout de même maigre).

Côté contenu, on gagne aussi un mode Photo enrichi, avec la possibilité de capturer des instants animés absolument sublimes, ainsi que plus de 4 heures de commentaires de l’équipe et d’experts et même de personne souffrant de psychose. Oui, quatre heures à décortiquer l’œuvre, comme un bonus Blu-ray mais en plus intime.

Mon coup de cœur, encore
L’an dernier, je disais : « C’est de l’art, point. » Cette version PS5 ne fait que confirmer mon verdict. Oui, c’est court. Oui, ce n’est pas le jeu le plus interactif du monde. Mais quelle intensité, quelle maîtrise visuelle et sonore.
Ce jeu te parle à l’âme, te secoue, t’envoûte. Et dans mon panthéon perso, il y a désormais deux entrées : Hellblade… et Hellblade II Enhanced. Merci de créer des œuvres comme celle-ci, car il ne faut pas l’oublier, le jeu vidéo c’est un ART ! et Ninja Theory nous le montre !
Sturm a joué au jeu pendant 15H grâce à une clé de jeu fournie par Microsoft.
points positifs
- Réalisation visuelle et sonore toujours à couper le souffle
- Mode Performance et DualSense au top sur PS5
- Mode Corruption qui apporte un vrai piment et une rejouablité
- Mode Photo et commentaires des devs très généreux
points négatifs
- Expérience courte et dirigiste
- Combat peu nombreux et scriptés
- Pour chipoter, un nouveau trophée/succès seulement !

