Test Saints Row, le retour en grâce du Boss ?

Quand j’entends Saints Row, cela me fait retourner à mes années de fac et quand j’ai entendu reparler de son retour en force, j’ai rajeuni de 20 ans ! Volition a décidé de ressusciter la licence après des opus qui se sont un peu perdus dans des idées plus que douteuses, raison pour laquelle je ne les ai pas fait. On parle donc d’un reboot de la saga qui cependant change de lieu. L’objectif n’a pas changé : devenir le boss dans un monde totalement déjanté ! Après avoir mis au pas toute la ville de Santo Ileso et ses environs je vais vous dire si ce retour en force vaut le détour !

Mieux que les forces spéciales !

C’est qui le patron ?

Saints Row prend place dans la ville de Santo Ileso. Le jeu commence sur nous et des membres du gang des Saints en train de faire la fête. Sauf qu’à la fin on se retrouve avec une balle dans le buffet et enterré dans un cimetière. Ecran noir et flash back en arrière quelques mois plus tôt. On incarne « le boss » qui travaille chez Marshall Defence Industries comme porte-flingue. Marshall Defence c’est le gang de « gentils » comprendre ils cassent tout et assassinent mais chez les méchants c’est donc acceptable… On vit en collocation avec trois autres personnes. Kevin, un membre des Idols, un gang qui est la version violente des NUPES et qui aime l’électro et les néons. Il y a ensuite Neenah qui est une ancienne des Los Panteros et accessoirement mécano. Enfin on a Eli qui est celui qui a le plus de neurones dans cette équipe.

Saints row
Les pieds nickelés…

Tout ce petit monde se démène pour payer le loyer sauf que tout ne se passe pas comme prévu. On se fait virer de chez Marshall Defence suite à un accrochage mêlant les Idols et les Los Panteros et notre ami Eli se prend une bastos suite à un raid de vengeance des deux gangs précités contre nous qui nous sommes mêlés de ce qui nous regardait pas. Le lendemain avec un gueule de bois énorme, notre personnage décide qu’il est temps d’arrêter de travailler pour les autres et de bosser pour soi même et ainsi créer son propre gang. Saints Row a un côté décalé dès le départ et j’ai adoré cette scène où nos pieds nickelés se font une séance de brainstorming avec un tableau blanc pour trouver un nom de gang, un logo et une façon de bosser.

Saints row
Devenir un criminel pour les nuls

On aime ou pas ! Pour ma part cela m’a rappelé le début de la série Breaking Bad dans laquelle un professeur sans ennui décide de plonger dans le monde de la criminalité qu’il ne connait pas. les personnages de Saints Row m’ont rappelé cet état d’esprit. D’ailleurs ils ressemblent plus à une bande de potes qui ne sait pas dans quoi elle se lance plutôt que de criminels aguerris. Ce que je trouve dommage c’est que le scénario progresse vite sans que la relation entre les personnages gagne en épaisseur. D’une manière générale, le scénario reste en surface, très léger. Si tu espères voir de la dramaturgie ou des twists à outrance, passe ton chemin ! On reste sur une ambiance fun et assez décalée. Même les chefs des gangs rivaux font dans le cliché et sont ridicules à défaut d’être badasses. Après c’est l’ADN de la licence qui est respecté.

Saints row
J’ai des gros muscles !!!
Saints row
Je suis texan donc j’ai un chapeau de cowboy…

Avant de se lancer pleinement dans l’aventure, il faut passer par la création de son personnage. La création a été mise en avant par les développeurs qui ont même ouvert la boss factory avant la sortie du jeu histoire de laisser les joueurs s’amuser un peu. L’outil de création est complet et on peut vraiment créer notre boss de la manière la plus improbable qu’il soit. Tu veux lui donner l’apparence d’un extraterrestre c’est possible ! Tu veux le faire façon cyborg c’est également faisable. C’est fun et on retrouve là encore le côté décalé propre à Saints Row. En plus on retrouve l’apparence dans toutes les cutscènes du jeu. L’outil de création reprend le côté irrévérencieux de la licence avec les réactions de notre personnage qui multiplie les doigts et les gestes de branlette (oui tu as bien lu et comme dit notre personnage, il ne secoue pas une bouteille de Ketchup…).

Saints row
J’ai pris des couleurs…
Saints row
Je préfère la sobriété

Cadre dans la criminalité : un boulot à plein temps !

Une fois notre apparence choisie on peut se lancer dans la conquête de Santo Ileso. Au départ, il va falloir enchaîner les petite boulots et les courtes missions histoire de se faire de la thune et un nom (et accessoirement un QG, un territoire bref le classique de tout gang). Saints Row propose une trame principale, des quêtes annexes et des activités annexes. Franchement il y a de quoi faire ! La trame principale est relativement courte puisqu’une douzaine d’heures suffit pour en voir la fin. par contre Saints Row prend toute son ampleur dans les activités annexes qui sont nombreuses mais également répétitives… La trame principale propose de suivre des objectifs définis qui vont faire progresser l’histoire en débloquant de nouveaux lieux ou en détruisant certains gangs.

Saints row
Saints row

Une fois que l’on a viré un gang d’un quartier, il est temps d’y poser sa patte en développant des activités illégales histoire d’augmenter ses revenus et arrondir les fins de mois. Cela va du lave automatique en passant par le garage clandestin voir même une station radio. Ces activités font apparaître de nouvelles quêtes secondaires qui ont pour but d’améliorer l’activité et ainsi accroitre les revenus qu’elle donne. J’ai trouvé le concept sympa mais répétitif vu que ce sont les mêmes missions qu’il faut faire d’une activité à l’autre. Je ne te cache pas avoir trouvé cela un peu rébarbatif et les développeurs auraient pu avoir le nez creux en proposant des missions plus originales ou alors moins nombreuses parce que refaire 10 fois (oui oui 10 fois !) la même chose pour maximiser une activité beh c’est chiant !

Saints row
C’est long et chiant !

C’est chiant mais je dirai que ces activités sont essentielles pour se faire du pognon ! Le pognon c’est le nerf de la guerre ! Une fois en place les activités génèrent de l’argent et il suffit de faire un virement pour avoir le compte en banque rempli. Je trouve que les développeurs ont peu tiré sur la corde pour les maximiser. Il faut nettoyer le quartier des menaces éventuelles mais surtout réaliser des missions annexes pour augmenter leur niveau. C’est là où c’est chiant car se trimbaler un camion de déchets ou de tacos dans toutes la ville c’est sympa une fois mais le faire 15 fois c’est lourd ! J’ai retrouvé l’activité de fraude à l’assurance pour laquelle les développeurs se sont lâchés. Il suffit de se jeter sous les roues d’une voiture et d’enchaîner les saltos sur les voitures suivantes pour gagner plus d’argent. Sympa mais quand il faut le faire pour 10.000.000 de dollars c’est trèèèèèèès long !

Saints row
Je vole !!!

Enfin il y a les quêtes secondaires qui sont des missions destinées à donner du cash, de l’expérience et surtout débloquer de nouveaux éléments cosmétiques ou utiles comme nouvelles voitures ou nouvelles armes. Les gars de chez Volition se sont inspirés de ce qui se fait partout pour nous en donner à profusion ! On a les défis qui permettent de débloquer des atouts à notre personnage afin qu’il puisse le temps d’un instant enflammer ses poings, jeter des grenades ou courir plus vite. Ces défis se font en jouant classiquement puisqu’ils consistent à rouler une certaine distance, acheter des éléments en magasin ou faire une action précise à un lieu précis. On retrouve l’activité de chasseur de prime assez lucrative. Le reste c’est surtout des collectibles à ramasser dans toute la ville (caisse de drogue, poubelle à fouiller, voitures à voler) ou des éléments à prendre en photo pour décorer notre QG. Il existe aussi des quêtes « cachées » comme lire les info touristiques d’un lieu…

y’a pas de petits profits !
les histoires cachées

Comme je l’ai écrit dans le titre, c’est un job à plein temps et nos journées sont bien remplies. Il y a vite moyen de se perdre en route pour faire toutes les activités. Si la trame principale se boucle vite, le 100% est un peu plus exigeant. Au moment ou je rédige ces lignes je ne l’ai pas encore mais je pense qu’une bonne cinquantaine d’heures sont nécessaires pour tout faire, tout voir et tout photographier. Pour suivre notre progression, cela se passe par notre téléphone et j’ai trouvé que la navigation dans les menus n’était pas très ergonomique. De base on n’a pas de bouton ouvrant directement la map. Ensuite il faut à chaque fois faire des retours en arrière pour changer d’application, l’usage des gâchettes aurait été opportun. Je chipote sur des détails mais quand tu passes énormément d’heures sur un jeu, tu ne vois plus que ces petits détails qui te font perdre un temps monstre !

Saints row
ah les smartphones…

Saints Row à l’ancienne !

Au niveau du gameplay, on est reparti 10 ans en arrière… mais dans le positif et donc pour mon plus grand plaisir ! Si tu veux te la jouer façon espion passe ton chemin ! Saints Row c’est de l’action à l’état brut ! D’ailleurs pour bien soigner son arrivée on fonce dans le tas en essayant d’écraser un max de personnes ensuite on sort et on arrose tout ce qui bouge avec un fusil d’assaut, pompe lance roquette. En clair tout ce qui fait dans le sonore et le bourrin. Franchement j’ai kiffé de bout en bout ! Bon les gunfights peuvent sembler répétitifs car l’IA est un peu à la ramasse… Je comprends toujours pas quel est le projet du mec qui me fonce dessus avec sa batte alors que j’ai un pompe chargé mais passons. Les sensations sont bien présentes côté bourrin mais je trouve que les armes manquaient de punch à l’exception du fusil (le MI800 quelque chose) : j’ai adoré le bruit qu’il faisait, je sentais bien la puissance et puis il one shot quasiment n’importe qui, du pur régal !

Le recueil d’informations…
Saints row
Moi je fais dans le sonore !

Bien évidemment Saints Row joue la carte de l’escalade. Tu commences « soft » avec un 9mm et un fusil d’assaut et ça se finit en raid d’hélicoptère et en sulfateuse… Contrairement à ces derniers prédécesseurs, Saints Row ne va pas trop loin dans l’extravagance. Je te rassure on a quand même quelques excentricités mais il faudra se plonger dans les missions secondaires pour les débloquer de manière permanente. Au menu on aura un hoverboard qui éclate n’importe quel autre véhicule sur lequel il passe ou encore une moto jet qui lévite et qui peut passer au dessus de l’eau. ça ajoute un peu plus de fun même si au niveau du gameplay j’ai trouvé que cela cassait l’équilibre des rapports de force. Car à chaque fois qu’il y a une escarmouche avec un gang ou la police, cela fait monter la jauge de notoriété idouane et il faut ensuite semer les poursuivants et faire profil bas dans un coin sombre pour ensuite reprendre nos meurtres. Une fois que l’on a ces véhicules, tout devient plus simple…

Qui je crame ?
L’overboard c’est abusé !
La moto volante aussi !

Qui dit maniabilité old school dit conduite des véhicule très arcade. On fonce tout droit et on tire un frein à main au dernier moment pour faire un dérapage monstrueux et prendre un virage en angle droit d’une manière à faire pleurer un Lewis Hamilton… Au sujet des véhicules, on retrouve la possibilité de braquer n’importe quelle voiture que l’on croise. Une nouvelle fois, Saints Row tient ses promesses en proposant du fun et du jeu sans aucune prise de tête ! Même la conduite d’un hélicoptère se fait les doigts dans le nez ! En revanche, la maniabilité old school a ses défauts et notamment une rigidité à faire pâlir Rocco… Il y a deux trois phases de plateforme qui ont failli entrainer chez moi une calvitie précoce… Heureusement que l’essentiel de Santo Ileso se parcourt de manière horizontale ! Dès qu’il faut prendre de la hauteur c’est un véritable calvaire et la liberté en prend un coup : on ne peut prendre que le chemin prévu par les dév…

Je vole !

Des canons oui mais pas de beauté…

Je termine cet avis sur la réalisation du jeu. Inutile de tortiller du cul pour chier droit, Saints Row n’est pas un AAA et la licence a toujours souffert de sa réalisation graphique qui reste en deçà de ce qui se fait chez la concurrence. Cet opus ne déroge pas à la règle. Attention le jeu n’est pas moche mais il est loin d’être parfait. Le travail pour modéliser la ville qui est d’une surface généreuse est à souligner mais du coup les développeurs ont du faire des coupes sur le nombre d’éléments à afficher ou le sur les textures. Le jeu garde sa patte cartoon ce qui permet de lui excuser certains manquements. J’ai pu faire le jeu sur Series X et le résultat est plus qu’honorable. Les éléments s’affichaient bien et dans l’ensemble j’ai été satisfait. Il faut dire que la ville de Santo Ileso est située en plein désert. On a donc beaucoup de quartiers type banlieue de Las Vegas, si tu ne sais pas à quoi ça ressemble, regarde un épisode des Experts Las Vegas et tu verras l’envers du Strip.

On a de joli plan

Une grande partie de la ville est donc constituée de bâtiments qui se ressemblent et qui ne sont pas élevés. On a ensuite quelques buildings regroupés dans le centre ville et autour de la ville c’est le désert ! Du coup le peu d’éléments de décor est justifié par la situation géographique de la ville. Par contre j’ai trouvé que cela manquait de passants ou de voitures. D’ailleurs ces éléments ont tendance à popper au dernier moment… Les effets lumineux ou les explosions ont un côté rétro qui passe moyen. C’est vraiment sommaire et quelle que soit la situation on aura la même explosion (c’est frappant pour la destruction des véhicules). Après ce n’est pas un AAA, le développement de Saints Row n’a pas les mêmes moyens que celui d’un GTA ou d’un Cyberpunk, il ne faut donc pas s’attendre à voir une ville aussi animée. En tout cas l’ensemble reste crédible et on a l’impression de parcourir une ville vivante.

Ce qui est plus gênant ce sont les limites techniques du jeu et les bugs qu’il présente. Les limites techniques se voient lorsque l’on est en mission. Il est impossible de faire autre chose que la mission. Comme je l’ai dit la ville regorge de collectibles ou de lieux à fouiller. Parfois une mission nous oblige à traverser la ville pour se rendre en un lieu précis. Dans ces moments là, il est impossible de faire ces points d’intérêts qui sont désactivés (à l’exception des photos). C’est assez frustrant et cela oblige à repasser aux mêmes endroits juste pou fouiller une poubelle… Plus gênant sont les bugs en tout genre ! Parfois la suite de la mission ne se lance pas, il faut donc refaire la mission en son intégralité, rageant lorsque je suis à la toute fin et que cela m’a pris une plombe… Parfois c’est le PNJ qui refuse de nous parler et donc il faut relancer le jeu… Il y a également des bugs de collision qui vont bloquer notre personnage dans le décor : relance le jeu une nouvelle fois…

Je n’ai pas compris comment ses bugs apparaissaient. Il n’y a aucune régularité dans leur fréquence d’apparition ou dans les moments d’apparition. Tu peux jouer trois heures sans accros et le lendemain tu te tapes 5-6 bugs en 30 minutes de jeu… Je veux terminer sur la bande son du jeu. Les personnages sont bien doublés. J’ai trouvé que la voix correspondait bien à la personnalité et une nouvelle fois, j’ai retrouvé un côté caricatural. J’ai constamment eu l’impression de me trouver en plein milieu d’une série B et ça j’adore ! Mais le top reste la bande son du jeu ! En voiture on a le choix entre plusieurs stations radios en fonction du style. J’ai bien aimé la radio latino et surtout la radio rap qui propose un mix qui reprend « Assassin de la Police » de NTM (celle que l’on entend dans le film la Haine). Juste pour ça je mettrai un 20/20 à Saints Row.

Conclusion

Si tu l’as pas compris en lisant le test : Saints Row est mon gros coup de cœur de la rentrée ! J’en viens même à lui reprocher de ne pas être sorti en début d’été ce qui m’aurait permis de le poncer encore plus ! ça fait parti des jeux que je vais faire à 100% à coup sûr. Le jeu n’est pas exempt de tout défaut loin de là et je pense qu’une maj serait bienvenue pour enlever les bugs. En revanche le plaisir est bien là et c’est la première chose que j’attends d’un jeu vidéo. Bien évidemment, je ne le compare pas à GTA car ce sont deux jeux qui ne boxent pas dans la même catégorie et d’ailleurs les expériences de jeu qu’ils offrent sont radicalement différentes. Avec Saints Row, devenir le caïd d’une ville n’a jamais été aussi amusant !

Pour
  • Un contenu monstrueux…
  • le fun de la licence
  • le gameplay bourrin et à l’ancienne
  • la bande son
  • Le côté décalé des protagonistes
Contre
  • … mais répétitif
  • des bugs qui obligent à relancer le jeu
  • maniabilité parfois trop rigide

Vous aimerez aussi...

On est en Stream! viens dire coucou !
""